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Il est l’auteur
d’une quarantaine d’oeuvres, pour orchestre
symphonique, acousmatiques, vocales, pour dispositifs électroniques,
et de musique de chambre. Ses oeuvres sont régulièrement jouées et diffusées en France et à l’étranger : Festival de Donaueschingen, Festival Présences de Radio-France, Festival de Bath, Festival Agora, Festival Roma-Europa, Festival Nuove Synchronie de Milan, Festival Musica, Journées de l’ISCM de Stockholm, Festival de Barcelone, Festival Musiques en Scènes de Lyon, Festival Manca, Festival de Bergen, Festival Tempo de Berkeley, BBC Symphony Orchestra etc... Il reçoit en 1994, le prix “Hervé Dugardin”, en 1996 le prix de “la meilleure création musicale contemporaine de l’année” pour son oeuvre (d’)Aller, et en 2003 le prix SACEM des compositeurs. Il a publié de nombreux articles sur la musique contemporaine et a donné de nombreuses conférences et cours de composition dans des lieux tels que la Grieg Académie à Bergen, l’Université de Columbia à New-York, l’Université de Berkeley en Californie, la Fondation Royaumont, l’IRCAM, le Conservatoire Américain de Fontainebleau, les Conservatoires Nationaux supérieurs de Musique de Paris et de Lyon etc... Son oeuvre Continuo(ns) a fait l’objet de l’écriture d’un livre publié aux éditions de l’Harmattan. Il
enseigne actuellement la composition à l’IRCAM
dans le cadre du cursus d’informatique musicale. *** Qu’elles soient de musique de chambre ou qu’elles s’adressent à des ensembles instrumentaux, les oeuvres écrites par Philippe Leroux depuis Air-ré (1992) révèlent des caractéristiques communes qui, si on parvenait à les repérer toutes, délimiteraient un style immanquablement reconnaissable. Etrangère, semble t-il, à l’idée du silence qui dit le vide, voici une musique dont l’objet essentiel est le son, rarement considéré de manière contemplative ou dramatique, toujours envisagé dans le mouvement. Une musique, héraclitéenne en quelque sorte, qui parle de la naissance et de la disparition de la sonorité, mais surtout de son entretien, croisant avec délectation les processus qui l’irriguent (1), plus véloce peut-être que virtuose (quoique périlleuse), plus intéressée par les intervalles que par les hauteurs et les notes. Une musique encore qui s’abandonne au jeu, à la malice ludique de la combinatoire - cette métaphore de l’infini - tout en respectant les interprètes, qu’elle cherche toujours à exalter. Musique enfin qui persiste, également obstinée (2). Mais Philippe Leroux a abordé d’autres genres - presque tous. Ses pièces destinées à la formation des instrumentistes sont des histoires, de petits mythes qui racontent l’origine des sons, de minuscules légendes. Sa production acousmatique trahit cet appétit de la matière qu’on a repéré précédemment. Et sans doute cette volonté de fouiller l’épaisseur du son lui vient de cette activité (3). En outre, il a cultivé la voix comme peux de ses stricts contemporains - on y reviendra. Insistons sur trois de ses dernières partitions pour tenter de saisir l’évolution récente du compositeur. M, d’abord, ouverture de fête, où la joie est imminente, où la rhétorique flirte avec la galanterie, euphonique et roborative en tout cas. Le jeu sur les processus veut s’y faire oublier tant il participe naturellement de la trame. Dans Plus loin, l’effectif choisi permet des dilatations de l’étoffe et des densifications accusées des strates, de sorte que quelque chose du temps y est dit autrement. La contemplation, néanmoins pressée, s’y affirme, assortie de sursauts, souvent furieux, jusque là inentendus. Voi(rex), enfin. Si la voix y est examinée comme un pur matériau - la partition ne cesse de proposer de nouveaux modes de chant -, ce n’est jamais au dépend du sens du poème. Le compositeur réalise ce que peu d’autres ont réussi : créer un espace, délimiter une scène, faire surgir la dramaturgie du seul maniement d’outils qu’on aurait pu croire neutres - modèles, stratégies, processus, que Philippe Leroux anime et met en mouvement en leur insufflant la vie. Dominique DRUHEN 1. Exposée
avec limpidité, puisque toujours déduits
des caractéristiques de la matière. |
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